Lucifer et Satan dans l’histoire de l’humanité

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J’adore l’histoire et avec la sortie du livre « L’influence du démon dans l’histoire de l’humanité », je n’ai pas résisté à écrire cet article qui retrace l’histoire de Lucifer et Satan dans l’histoire. Comment étaient perçues ces entités ? Comment cette perception a-t-elle évolué au fil du temps ?

 

Un bref rappel

Lucifer et Satan, un seul et même esprit.

 

Dans l’article « Lucifer et Satan, deux noms indissociables », j’expliquais que Lucifer et Satan étaient un seul démon. Revenons sur cette définition : dans la tradition chrétienne, Lucifer était le plus beau des anges créés, le premier. Il était le chef de la milice céleste et détenait la connaissance. D’où son surnom d’ange des lumières. Mais, Lucifer se révolta contre son Créateur, car il voulait être au centre de la Création. Il n’avait pas saisi que Jésus-Christ était au centre de cette Création. Il le comprendra plus tard, lorsque Jésus-Christ le terrassera sur la Croix.

Lucifer entraîna dans sa révolte d’autres anges et archanges. L’archange Michel combattit contre lui et le chassa du paradis. Lucifer, vaincu, se réfugia aux enfers avec toute sa horde d’anges déchus. C’est ainsi qu’il prit le nom de Satan, qui signifie en hébreu, l’adversaire. Donc, Satan est l’adversaire de Dieu. Avant Lucifer, ange rayonnant, aujourd’hui Satan l’adversaire. Lucifer est, par conséquent, le nom angélique de Satan et Satan le nom démoniaque de Lucifer.

Satan est le diable et a on lui a attribué beaucoup de noms et surnom, comme le Malin, le prince du mensonge, le Mal Absolu, le Serpent, le Grand Séducteur, le Roi des Enfers, le Tentateur, le Maître des Enfers… Parfois même, on l’a confondu avec Léviathan, Asmodée, Bélial, Belzébuth…

On trouve beaucoup d’occurrences du diable et de Satan dans la Bible, mais le nom de Lucifer n’apparaît pas dans les Saintes-Écritures. Serait-ce encore un tour de passe-passe du Malin pour semer le trouble et la confusion.

Je me permets de vous donner quelques définitions bibliques du Diable :

 

Ézéchiel 28, 13-18

« Tu étais en Éden, le jardin de Dieu ; tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses, de sardoine, de topaze, de diamant, de chrysolithe, d’onyx, de jaspe, de saphir, d’escarboucle, d’émeraude, et d’or ; tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, préparés pour le jour où tu fus créé.

Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi.

Par la grandeur de ton commerce, tu as été rempli de violence, et tu as péché ; je te précipite de la montagne de Dieu, et je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. Ton coeur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat ; je te jette par terre, je te livre en spectacle aux rois. Par la multitude de tes iniquités, par l’injustice de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires ; je fais sortir du milieu de toi un feu qui te dévore. »

Dans ce passage du Premier Testament, on comprend que l’on parle de Lucifer, celui qui a été couvert de diamants, le protecteur, mais qui, à cause de son orgueil, s’est rebellé, devenant l’adversaire et jeté en enfer.

 

Apocalypse 12, 7 – 9

« Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. »

Quel merveilleux passage ! Ici, on nous décrit le combat de l’archange Michel contre Satan. Remarquez que l’on nomme Satan le « dragon » et le « diable » et que ce dernier est précipité sur terre.

 

Que dit la Bible

Le combat entre le bien et le mal.

 

Dans l’Ancien Testament, le mot « satan » ne désigne pas une personne définie, mais plutôt quelqu’un qui se pose en adversaire de quelqu’un d’autre. Le satan désigne aussi celui qui exerce au tribunal le rôle d’accusateur, comme nous pouvons le constater dans ce psaume où un homme faussement accusé demande à Dieu de punir ceux qui lui ont causé du tort : « Tel soit, de par le Seigneur, le salaire de mes accusateurs (mes satans) qui profèrent le mal contre moi. […] Qu’ils soient vêtus d’infamie, ceux qui m’accusent, enveloppés de leur honte comme d’un manteau ! » (Ps 109,20.29).

Il faut attendre le livre de Job et le livre de Zacharie pour que Satan apparaisse comme un être surnaturel doté de pouvoirs. D’ailleurs, il est intéressant de constater que le Premier Testament fait preuve de beaucoup de sobriété dans la présentation de Satan, afin d’éviter de tomber dans les pièges d’un dualisme qui existait chez les peuples environnants. Ce dualisme consisterait à faire de Satan un être divin, égal à Dieu et représentant les forces du mal. Or, on préfère parler de Satan comme d’un ange de la cour céleste qui joue le rôle de l’accusateur dans les tribunaux. Il serait donc Lucifer œuvrant pour faire respecter la justice sur terre. Mais, on distingue déjà dans le livre de Job une volonté hostile contre l’homme et sa justice et l’on remarque que Satan s’oppose à Dieu : « il ne croit pas à l’amour désintéressé » (Jb 1,9); « sans être un « tentateur », il s’attend à ce que Job succombe; secrètement, il le désire, et l’on sent qu’il s’en réjouirait » (col. 1196).

La Bible pose la question de l’origine du mal dans le livre de la Genèse. Depuis que l’homme existe, le mal existe. Il prend des formes très diversifiées. Dans la Genèse, le mal apparaît sous la forme d’un serpent tentateur, dont l’habileté et la connaissance dépassent celles de l’être humain. Plus tard, ce serpent prendra le nom du diable, celui qui, selon le mot grec diabolos, « se jette en travers du chemin que l’homme parcourt sur terre » (Sg 2,23). Le diable séduit l’être humain, l’incite à renier Dieu, le tente, l’éloigne de la lumière de Dieu. Ainsi, le diable se comporte comme un adversaire de Dieu qui a pour but de noircir les âmes des hommes.

Le salut consiste à libérer les êtres humains de cette emprise diabolique, par la prière, la repentance, la piété… Et ce fut le dessein de Jésus-Christ : libérer les hommes de l’emprise de Satan. En effet, les Évangiles présentent la vie publique de Jésus, qui commence par la tentation dans le désert, comme un combat contre Satan. Dans le désert, Jésus affronte son Adversaire face à face et le terrasse. Puis, Il le combat dans la vie des êtres humains, en montrant comment délivrer des démoniaques (ceux qui sont possédés), mais aussi en redonnant la foi aux pécheurs et à tous ceux qui s’opposent à Lui. Jésus-Christ a changé l’histoire de l’humanité d’une manière extraordinaire ! Cette lutte acharnée entre le Christ et Satan sera à son paroxysme au moment de la Passion où le Christ vaincra les péchés du monde et la mort par la seule force de l’amour et de l’obéissance à la volonté de Dieu. Jésus-Christ a vaincu Satan au pied de la Croix. Il a sauvé l’humanité et nous a délivré un message formidable, qui est celui de chasser le démon en son nom. C’est ce que réalisent les exorcistes et c’est ce que chacun devrait faire pour ne pas être tenter par le démon, pour ne pas subir ses assauts.

Les hommes sont confrontés tous les jours à Satan l’Adversaire qui tentera toujours et sans relâche d’arracher la semence de la Parole dans le cœur des hommes. Satan demande à l’homme de renier sa condition de Fils de Dieu, comme il l’a fait avec Jésus dans le désert. Jésus-Christ nous a montré comment le repousser. À nous d’invoquer son nom pour avoir la force de le combattre. La seule arme que nous disposons pour lutter contre Satan, comme nous l’a enseigné Jésus, est l’amour de Dieu et de son prochain.

 

L’histoire de Satan et de Lucifer

Illustration de Gustave Doré de Santé

 

Les premiers chrétiens, dont les apôtres, ont propagé la Parole du Christ. Pendant les premiers siècles du christianisme, les chrétiens appelaient Jésus Lucifer, c’est-à-dire le porteur de lumière. Et en ce sens, ils avaient raison, Jésus apportait la lumière divine, mais il ne pouvait pas être Lucifer, puisque Lucifer est le premier archange créé par Dieu et celui qui s’est rebellé devenant ainsi l’Adversaire.

Ce n’est qu’à partir du Moyen-Âge, que Lucifer désignera un démon.

On a vu, dans le livre de la Genèse, que Satan est appelé le Serpent ou le Tentateur. Les noms Satan et Lucifer n’apparaissent à aucun moment.

Dans le livre d’Isaïe, on trouve ce passage :

« Oh ! Quelle chute as-tu faite du haut des Cieux, Astre du matin, fils de l’Aurore ! … Toi qui disais dans ton cœur :

« J’escaladerai les Cieux, j’y érigerai mon trône et je siégerai sur le Mont des Assemblées …

Je serai l’égal du Très-Haut ! …»

Et te voilà précipité dans le sépulcre, dans les profondeurs de l’abîme. » (Is 14, 12 – 15)

Origène fut le premier à considérer que ce passage évoquait Lucifer (l’Astre du matin) et sa chute dans les profondeurs de l’abîme par orgueil, pour avoir voulu être l’égal de Dieu. Et c’est cette déchéance qui avait permis à Lucifer de devenir Satan, l’Accusateur, le Serpent, le Tentateur, le Malin… donc le Diable.

Tertulien, saint Cyprien, saint Ambroise (les premiers grands exorcistes) ont approuvé ce point de vue. Ainsi, le Diable est entré dans la théologie et donc dans la Genèse après les premiers textes chrétiens, c’est-à-dire les Évangiles, en se basant sur un texte hébraïque.

Les commentateurs des textes bibliques modernes admettent que le texte d’Isaïe est le plus ancien témoignage de la chute de l’Archange Lucifer, le porteur de Lumière, vers les Ténèbres de l’Abîme. D’autres exégètes ont vu dans ce texte la prédiction de la chute de Babylone et de son dernier roi. À chacun donc sa traduction. Pour ma part, j’adhère à la première.

Les premiers chrétiens étaient des exorcistes et chassaient le démon devant eux comme Jésus-Christ leur avait enseigné. Puis, l’Église a nommé les prêtres-exorcistes réglementant ainsi les exorcismes. Le diable était chassé. Il n’y avait pas de diabolisation. Les païens demandaient de l’aide aux chrétiens qui se montraient charitables. Il n’y avait pas de persécution.

Mais, Satan, à force de tentations, a réussi le prodige de renverser la situation. Cela s’est mis en place doucement au Moyen-Âge pour arriver de nos jours à ne plus croire au diable, à l’athéisme en masse… Aujourd’hui, ce sont les chrétiens qui demandent de l’aide aux païens (mages, sorciers…) et non l’inverse, car ils ne trouvent plus de réconfort auprès de l’Église.

Le véritable triomphe du Diable est intervenu au Moyen-Âge. C’est à cette époque qu’est posé le dogme de son existence. Son existence est érigée au rang de la Vérité révélée. Ce dogme de la foi catholique affirme que suite à sa déchéance, Lucifer, l’Ange de la Lumière, est devenu Satan, le Prince des Ténèbres, donc le Diable.

Ce dogme intervient à une période particulièrement trouble, obscurantiste, marquée par de nombreuses catastrophes (épidémies, famines, guerres, massacres, mouvements climatiques). Ces catastrophes sont souvent présentées comme l’œuvre du Diable. C’est aussi à la même période que l’on commence à tout diaboliser et que l’on voit le Diable partout. Mais on ne diabolise pas dans le but de délivrer, mais plutôt pour persécuter, comme ce fut le cas pour  l’inquisition.

Puis, la théologie va se diviser en une théodicée, avec d’un côté, l’étude de Dieu et de l’autre côté, la démonologie avec l’étude du Diable. Je pense que cela fut une grosse erreur, puisque l’un ne va pas sans l’autre et vice versa. Il faut une grande connaissance dans les textes bibliques pour comprendre la démonologie, comme il faut une connaissance en démonologie pour comprendre les textes bibliques et chasser le démon.

Petit à petit, les mentalités vont évoluer et devenir laïques. Pendant les réformes luthériennes, le monde, déjà devenu laïc, est en pleine crise religieuse. Les grandes confessions (catholiques, protestantes…) se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. Les protestants et les catholiques jouent à enchérir le Diable et définissent de plus en plus nettement le démon comme un être capable d’intervenir dans tous les actes de l’existence. Ils en font trop. Ils valorisent même l’idée, apparue à la fin du Moyen-Âge, de la sorcellerie. Les démonologues se mettent à dresser des portraits horribles sur ces femmes qui s’adonnent à Satan lors d’orgies interminables, de longues copulations avec des boucs… Le Sabbat est décrit précisément comme un culte tenu secret où se réunissent des adeptes du démon pour faire le plus de mal possible autour d’eux.

Au temps des réformes luthériennes, lorsque le monde laïque est en pleine crise religieuse, les grandes confessions se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. Protestants comme catholiques font une surenchère sur le Diable et définissent de plus en plus nettement le Démon comme étant capable d’intervenir à peu près dans tous les actes de l’existence ; ils valorisent ainsi une idée nouvelle, apparue à la fin du Moyen-Age, l’idée de la sorcellerie. C’est la transcription de fantasmes à propos d’une secte démoniaque, d’humains qui ont abandonné la foi chrétienne et qui se réunissent dans des lieux secrets pour pratiquer un culte particulier, le SABBAT, et pour faire le plus de mal possible autour d’eux. Et c’est ainsi que l’on arrive aux épisodes des chasses aux sorcières… À force de tout diaboliser, on trouve le Diable partout ! Satan avait réussi son pari de diffuser une idée de haine dans le monde, de plonger l’humanité dans la folie, de faire perpétrer des massacres violents. Il a toujours été présent tout au long de l’histoire de l’humanité. On peut sentir très nettement sa présence au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors du génocide du Rwanda… c’est-à-dire dès qu’il y a une augmentation des péchés en masse.

 

Les premières représentations du démon sont apparues au XIe siècle, avec les premières représentations des exorcistes. Pour le dessiner, on a utilisé l’image de Pan, une ancienne divinité païenne. Ainsi, le Diable a pris l’apparence d’un bouc, avec tout son attirail, les sabots, les cornes, la mauvaise odeur…

On pourrait croire que les chrétiens ont l’exclusivité du Diable. Il n’en est rien. Le Diable n’est pas une spécialité chrétienne. Il existe dans les autres religions sous différents noms. Il est Mâra qui tenta Bouddha, il est Belzébuth ou Baalzebub chez les Philistins, il est Ham Shatan chez les Hébreux, il est Ahriman, la divinité du Mal chez les Perses, il est Iblis qui refusa de se prosterner devant Allah dans le Coran, il est Lilith, la première femme d’Adam dans le Talmud…

En fait, le Diable est tout cela. C’est toujours le même ! Il s’adapte aux croyances, aux mentalités et c’est ainsi qu’il arrive à s’immiscer dans l’histoire de l’humanité et à provoquer des guerres, des catastrophes, à faire naître la haine… D’ailleurs, on peut s’apercevoir que tous ces diables ont des traits communs : ils symbolisent ou personnifient tous le mal, ils s’opposent tous à Dieu ou à une autre divinité. D’ailleurs, les termes que l’on emploie pour le personnifier sont clairs. Satan est le séducteur, le tentateur, le menteur, le malfaisant, le mauvais, le malin, l’accusateur, l’adversaire, l’ennemi… C’est lui la Bête de l’Apocalypse. C’est lui notre seul ennemi, celui qui peut prendre plusieurs visages pour mieux nous tromper.

 

Marie d’Ange

 

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2 Responses to “Lucifer et Satan dans l’histoire de l’humanité”

  1. yapi

    merci pour votre éclairage
    le diable a reussi à sermé le mensonge dans les differentes églises protestante et catholique.
    maintenant il ne presge plus l’amour de DE DIEU.

    Répondre
    • Marie D'Ange

      Bonjour,
      L’amour de Dieu doit être dans notre cœur. L’église est rongée de l’intérieur et de l’extérieur. Elle a renoncé à combattre le Malin. C’était pourtant sa mission première. Mais, on peut être croyant, sans pour autant respecter ce que l’Église nous impose et agir selon notre cœur, selon les paroles de Jésus-Chris. Il n’y a que ses paroles qui comptent.
      Amicalement,
      Marie d’Ange

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